ryuurei-tatsu

03 avril 2012

Page 15

   Le major ne participait pas à leur conversation, non pas que cela ne l'intéressait pas, mais car il ne savait quoi ajouter. Plus ils s'enfonçaient et moins ils avaient de chance de trouver de l'aide, sans parler de leur réserve d'eau insuffisante, de plus la seule nourriture qu'ils avaient étaient des barres énergétiques. Le seul espoir qui restait était que la sortie ne se trouve pas dans l'autre direction. Si ils ne pouvaient se ravitailler ils ne tiendraient pas longtemps, mais qu'était « longtemps » dans un tel lieu ?

   Qu'importe le nombre de pas, ils semblaient ne jamais avancer. Le major lança un coup d’œil à sa montre qui indiquait 10h52. Cela faisait tout juste 5h que le soleil était levé, par conséquence ils devraient pouvoir repérer une sortie potentielle grâce à la lumière qui filtrerait au travers.

Major !

   Se retournant vivement, il vit ses deux acolytes cinq pas derrière lui. Et sans qu'ils ne disent mot, il comprit ce qu'il y avait ou plutôt ce qu'il ne voyait pas. Un grand espace béait dans le mur, aussi haut que le couloir mais deux fois plus large. Plus il se rapprochait de l'entrée et plus elle semblait s'agrandir. Une fois arrivé, il se tenait devant un puits d'obscurité sans fond et la sensation d'être aspiré par ce vide lui tenailla le ventre, ou bien était-ce la faim, pensa-t-il.

   Sans attendre plus longtemps il lança un tube fluorescent puis un deuxième plus loin et le capitaine en lança un également. La lumière émise dévoila le passage. Il était long de quelques mètres et le sol continuait plus loin dans les ténèbres. Ils avancèrent tout trois d'un même élan, donnant au passage un coup de pied dans les tubes pour voir plus loin.

   Arrivés au bout du passage, ils découvrirent une grande salle circulaire, le major sorti sa lampe torche, le plafond était trop haut pour qu'il puisse le voir précisément. La seule chose présente dans cette pièce se situait au sol, au centre de la pièce s'élevait un cercle de structures entourant une autre bien plus grande. Ils approchèrent doucement, à la recherche du moindre indice, mais, même arrivé devant, ne trouvèrent rien. Le cercle de structures était constitué de 4 stèles d'environ un mètre de haut, aucune ornementation ne venait briser la monotonie de leur surface, elles entouraient un dôme, haut de quelques mètres et large de près du double. Ils eurent vite fait le tour et Vasquez s'emporta.

C'est bon ! J'en ai marre ! J'en peux plus !

   Il se tourna vers une des stèles et entreprit de la déchausser du sol à grands coups de pieds. Mais au bout d'une petite série il s'arrêta, sentant que manifestement il n'y arriverait pas. Les bras tremblants de frustration et de colère il braqua son arme sur sa cible.

   Voyant son ami perdre le contrôle du peu de calme et de raison qu'il lui restait, Hallorhan se jeta sur lui pour lui arracher son arme avant qu'il ne se blesse, lui ou quelqu'un d'autre.

Ҫa suffit calme toi !

Non mais t'as vus dans quelle situation on est ? Pas de bouffe, pas d'eau ! Une seule arme ! Qu'est-ce que tu crois qu'on peut faire ? Quel miracle pourrait nous arriver dans cet endroit de merde ?

   Vasquez se dégagea violemment de l'étreinte de son ami qui perdit l'équilibre à cause de la stèle et bascula en arrière. Pendant la querelle, le major c'était glissé dans le dos du sous-lieutenant et l’arraisonna grâce à une clé de bras.

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02 avril 2012

Page 14

   Il n'y avait rien intéressant d'autre et Steens s'apprêtait à repartir mais le Sous-lieutenant semblait puiser dans ses réserves. Le major autorisa donc une pause et préconisa de rationner l'eau. L'ambiance était morose et aucune conversation ne fleurit. La lueur du tube fluorescent avait largement diminuée, après s'être tous soulagé dans un coin de l'éboulis ils allumèrent un nouveau tube et reprirent leur route fastidieuse.

   S'étant apprêté à parcourir une longue distance de nouveau, le groupe fut étonné de trouver rapidement une ouverture dans le mur à leur gauche, ressemblant plus à l'encadrement d'une porte qu'à un nouveau couloir. Chacun d'eux alluma sa propre lampe torche et avança à travers l'ouverture.

   Ils se trouvaient dans une petite salle aménagée de divers meubles, il y avait à droite et à gauche de l'entrée des étagères percées de trous. Contre les trois autres murs s'adossaient des armoires sombres, au milieu de la pièce se trouvait deux plus grandes armoires mises dos à dos, garnies d'étagères et de tiroirs et entourées par un comptoir.

   Tout semblait vide, pourtant ils avancèrent en gardant le silence. Le major fit le tour du comptoir, il remarqua vite que ce qui semblait être plusieurs armoires n'en était qu'une seule immense. Mis à part cela, autre chose le gênait. Il n'arrivait pas à savoir si les étagères étaient en bois ou bien en pierre. Le capitaine Hallorhan s'intéressa au centre de la pièce. Après avoir vérifié qu’il n’y avait rien de dangereux depuis l'extérieur, il passa par dessus le comptoir qui était truffé de tiroirs de toutes tailles. Tout les tiroirs ouvert semblaient vide, il essaya alors d'ouvrir ceux qui demeuraient fermés, mais il n'y avait aucune poignée. Il inspecta tout les autres sans résultat. Retournant vers la sortie, il aperçut le sous-lieutenant, face aux étagères à gauche de l'entrée. Après l'avoir rejoint il vit que Vasquez fixait avec la plus grande attention un objet qu’il tenait dans ses mains.

Tu as trouvé quelque chose ?

Oui, … non, enfin je ne sais pas !

   Il tendit vers le capitaine un objet des plus étranges. Un long cylindre surmonté d'un globe, le tout parfaitement droit et sphérique.

Ça ressemble à une massue en pierre, mais c'est très léger. Il y a des rainures sur le manche, comme du bois.

Et tu l'as trouvé où ?

Sur l'étagère là.

Il nous faut repartir, intervint le major.

   Ils repartirent dans le même silence qu'à l'arrivé mais quelques minutes de marches plus tard, Hallorhan et Vasquez commencèrent à discuter à voix basses.

Et quand j'ai tiré un des tiroirs ouvert pour voir si il n'y avait rien au fond, il n'a fait aucun bruit.

Comment ça ?

Et bien tu sais, quand tu ouvres un tiroir, tu entends au moins un petit bruit de roulement. Mais là rien du tout et c'est encore plus étrange pour de la pierre.

On est pas sûr que ce soit de la pierre.

Tu veux dire à l'intérieur?

Ah non, … mais c'est vrai que ça pourrai être autre chose à l'intérieur.

 – En parlant d'intérieur, dans quoi sommes-nous ? Questionna le capitaine après un temps de réflexion.

Un donjon peut-être ? On va sûrement rencontrer Garland ou Ganondorf !

Non mais je veux dire, tout ça ne ressemble pas à des égouts et la salle à un abri.

Moi je pense que c'est une cave ou bien un entrepôt.

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16 février 2012

Page 13

   La pale lueur du tube se diffusa dans toutes les directions, mais avant d'avancer la major aperçu une faible lumière au loin.

Je crois que notre ami commun est de retour.

Il a sûrement trouvé quelque chose !

   Ils s'engagèrent prudemment dans le couloir, le major en tête. Dans un endroit aussi renfermé et sombre, il était difficile pour eux de se repérer dans le temps et l'espace. Aucun repère ne permettait de savoir la distance parcourue, le seul moyen était de compter leurs pas, le chemin parut très long.

   Endormi par cette monotonie, ils avancèrent jusqu'à rencontrer leur compagnon sans s'en rendre compte.

Ah ! Major ? Vous allez bien ? S'exclama Vasquez.

Bien, bien, je vous remercie. Et de votre côté ? Avez-vous …

Oh moi ça va ! Je suis en un seul morceau ! Mais on s'est inquiété pour vous car dans votre sommeil vous avez …, il s'arrêta en voyant le capitaine lui faire de grand signe pour qu'il n'en dise pas plus.

   Après avoir laissé le temps au Sous-lieutenant de comprendre qu'il ne fallait pas en rajouter, il reprit.

Avez-vous trouvé quoi que ce soit ?

Et bien, cela dépend… J'ai trouvé un autre couloir mais complètement obstrué par un éboulement et puis le couloir continu encore plus loin, mais j'ai préféré retourner en arrière.

Très bien, nous allons donc explorer plus loin.

Mais, et si on ne trouve rien ? Il ne vaut pas mieux attendre les secours à proximité du point de chute ?

Vous pouvez y aller et attendre mais n'ayez pas trop d'espoir.

   Sans attendre de réponse, le major passa, en se serrant, derrière le Sous-lieutenant et continua à avancer vers les ténèbres.

Mais j'aimerai pouvoir me reposer !

Le capitaine passa à son tour et donna une grande claque dans le dos de son ami.

Et bien repose toi ici ! Répliqua-t-il joyeusement en arborant un large sourire.

   Lâchant un lourd soupir, Vasquez suivi ses deux compagnons en traînant les pieds.

   Ils reprirent leur marche monotone et lugubre sans dire un mot.

   Ils parcoururent une longue distance en silence jusqu’à ce qu’ils arrivèrent à l'embranchement obstrué. Le major s'avança vers l'éboulement en sortant sa propre lampe torche. Il remarqua des traces de brûlure au plafond, il était donc possible que ce couloir se soit effondré de façon non-naturelle.

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04 octobre 2011

Page 12

   En faisant quelques pas timides, il remarqua la silhouette d'une personne assise sur les marches, il ne l'avait pas remarquée avant car elle était en dessous du niveau du palier.

Qui est la ? Appela-t-il

   La forme sombre sursauta et se retourna vivement.

Ah ! Major, vous êtes réveillés !

   Ses yeux mirent quelques secondes pour reconnaître les traits de la personne en face de lui.

Hallorhan ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Où sommes-nous ?!

Eh bien c'est plutôt compliqué, mais je pense que nous sommes tombés dans une grotte artificielle.

Tombé ? Le major Steens se perdit dans ses pensées. Et... Où est Vasquez ?

Il est parti en exploration par là bas. Le capitaine pointa du doigt un passage dans la roche. Il devrait revenir bientôt.

Il est parti loin ?

   Le capitaine sorti d'une de ses poches une petite lampe torche.

Regardez vous-même, Dit-il en pointant le faisceau vers l’ouverture.

   Un long couloir s'enfonçait dans les ténèbres.

Je lui ai conseillé de revenir, si au bout d'une heure il ne trouve rien.

Depuis combien de temps est-il parti ?

Une bonne demi-heure je dirais.

   Le major se tourna vers l'escalier qui descendait au-delà de sa vision.

Et par là ? Où mène cet escalier ?

Il n'y a que de l'eau. C’est pour cela que nous n'avons pas été blessés par la chute, expliquât-il, tout en illuminant le bas de l'escalier, puis il remonta avec sa lampe torche le long d'une colonne jusqu'au plafond.

Bien, alors allons rejoindre le sous-lieutenant.

Vous ne préférez pas l'attendre ?

Vous comptiez faire quoi après ?

Ah, je ne sais pas.

Il vaut mieux ne pas rester près de l'eau, à la nuit tombée l'humidité nous glacera. Je suppose que nos armes reposent au fond de l'eau ?

Vasquez a encore sont M16.

Bien, c'est déjà ça… Allons le rejoindre.

   Le major avança jusqu'au passage nimbé de ténèbres. Le long couloir n'était assez large que pour une seule personne, mais assez haut pour ne pas les gêner. Il chercha dans l'une de ses poches un tube fluorescent, qu'il frappa contre l'une des parois du couloir.

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24 septembre 2011

Page 11

   Plusieurs commentaires s'élevèrent mais le lieutenant rentra en direction du camp.

   Depuis combien de temps était-il en train de tomber ? Il ne sut le dire, dix minutes ? Une heure ? Le vent soufflait avec violence à ses oreilles et les voix du passé s'y mêlaient pour lui apporter le désespoir. C'était fini, tout était fini. Il ne pourrait plus jamais voir sa sœur.

Ed ! Ed ! Tu m'avait promis !

   D'où venait cette voix ?

Qui est là ?

   Il ne reçut aucune réponse et même en regardant autour de lui il ne vit rien.

Tu m'avais promis, Ed !

   Une apparition se démarqua des profondeurs. Vêtue de blanc, elle s'approcha du naufragé au milieu d'un océan de ténèbres.

Hélène c'est toi ?

   Des mains, un visage, une crinière flamboyante, l'apparition prit la forme d'une jeune mariée.

Pourquoi m'as-tu abandonnée ?

   La jeune fille fantomatique tendit ses bras d'une blancheur d'albâtre, son regard était emplit de tristesse.

Je ne te laisserai pas cette fois ! Je jure que je ne te laisserai pas !

   Il battit des bras frénétiquement, griffant l'air de toutes ses forces. Mais l'apparition disparue petit à petit.

Non je pars pas !

Je t'attendrai. Je t'attendrai toujours grand-frère !

Hélène ! Hélène !

   L'obscurité englouti la frêle jeune femme et le désespoir en fit autant au cœur de Ed. Criant, pleurant, rageant il se débattit contre ce cauchemar, maudissant le pater familias seul responsable de leur souffrance. Son âme n'eut de cesse de crier à son tortionnaire de le soulager de cette torture. Il en aurait perdu l'esprit si sa chute n'avait connu une brusque fin.

   Le froid contact de la pierre et l'humidité recouvrant l'intégralité de son corps, finirent par le réveiller complètement.

   Il tenta de se relever et grimaça de douleur, tout son corps semblait être recouvert d'ecchymoses. Une fois les douleurs se firent moins acerbes, il réussit à mettre ses idées en ordre. Le lieu où il se trouvait était très sombre et humide. Se redressant un peu, il découvrit qu'il était couché sur un sol parfaitement plat et suffisamment large pour qu'un homme puisse s'y allonger. Au delà, il n'y avait rien, les ténèbres étaient trop denses pour voir ce qui l’entourait, mais derrière lui un mur s'élevait. Il s'en aida pour se mettre debout et aperçu un escalier qui descendait dans les profondeurs.

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